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CORRESPONDANCES GARE DE L'EST KABOUL - PARIS A 14 ANS

I N T R O D U C T I O N P H O T O G R A P H I E S L E G E N D E S C A R T O G R A P H I E

 

 

C'est en 2002 que Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, décide la fermeture du centre d'accueil de la Croix-Rouge à Sangatte. Pensant réduire l'afflux d'émigrés clandestins vers l'Angleterre et à fortiori vers l'Europe, il a en réalité déplacé le lieu de transit à Paris. Des centaines d'exilés se retrouvent aujourd'hui dans les environs de la Gare de l'Est, cherchant un moment de répit dans leur parcours. Parmi eux, de plus en plus de jeunes Afghans, entre 12 et 18 ans, arrivés seuls à Paris après une errance de plusieurs mois, fuyant la guerre et un avenir incertain. Ce sont des mineurs isolés.
Ils étaient pourtant les enfants de la paix, nés au début des années 90 après la libération de leur pays de l'emprise russe. Puis la guerre est revenue, amputant leur innocence et leur jeunesse, depuis la montée des Talibans jusqu'à l'enlisement post-11 septembre.

Ces enfants ont donc fui, à la recherche d'avenir et de stabilité. Ils ont fui les bombes de la coalition. Ils ont fui l'espérance de vie bloquée à 44 ans.

Je me suis intéressé aux conditions d'accueil de ces jeunes, à la fois enfants en danger et civils fuyant une guerre où la France joue un rôle majeur, avec 2890 soldats déployés.
Pendant plusieurs mois, j'ai tissé des liens, entretenu des contacts et partagé des moments avec eux. J'ai suivi leur errance près du canal Saint-Martin et le processus de mise à l'abri d'urgence, insuffisante réponse de l'Etat français à leur situation. Avec une question en arrière-pensée : la France respecte-t-elle la Convention des Droits de l'Enfant et la Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre?

 

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